[Test] Ibasso DX90 : double mono, double combo !

Après le Ibasso DX50, c’est au tour du Ibasso DX90 de passer à la moulinette. Si d’extérieur rien ne les différencie, intérieurement tout a changé, exit le DAC Wolfson et bonjour le double DAC Sabre. Mais, la vraie question reste : est-il meilleur ? La réponse dans ce test.

Le Ibasso DX90 utilise la même interface et la même coque que le DX50 donc pas de changement concernant la prise en main et l’ergonomie générale.

Prise en main

Dés la première prise en main, le Ibasso DX90 impressionne. Compact, plutôt léger et surtout parfaitement fini, il séduit immédiatement tant à l’oeil qu’au toucher. Plus large qu’un FiiO X3 mais aussi moins haut il arbore un écran tactile IPS et trois boutons en façade (avance/retour rapide, play) une configuration simple et ergonomique.

L’aluminium est légèrement brossé ce qui rend le toucher très agréable tout en assurant une préhension confortable. Les boutons en façade sont parfaitement bien ajustés et l’écran ne souffre d’aucun problème d’assemblage ou d’alignement. Un véritable baladeur premium qui s’écarte du FiiO X3 et son positionnement « entrée de gamme ».

L’écran tactile est clairement le morceau de bravoure du DX90. Avec sa dalle IPS capacitive c’est pour moi le premier baladeur audiophile réellement ergonomique. Habitué des téléphones tactiles, des écrans tactiles il me paraissait logique de proposer un écran tactile sur un baladeur audiophile (oui je pense à toi Colorfly CK4…) un usage standard en 2014. Bien défini, contrasté c’est un bon écran sans non plus aller titiller les références que sont les écrans de smartphones actuels, mais ne boudons pas notre plaisir : c’est un bon écran.

Mais, car il y a toujours un mais, cet écran est un peu trop sensible. Un problème purement logiciel car sur les précédents firmware le problème ne se posait pas et le scroll était plus fluide. Les menus sont suffisamment clairs et simples pour éviter les fausses manipulations heureusement.
Les boutons en façade permettent de naviguer sans sortir l’appareil de la poche, on peut passer à la chanson suivante ou mettre la pause/remettre en route sans regarder l’écran. Le contrôle du volume se fait via deux boutons sur la tranche, rien à dire non plus, c’est simple et ça fonctionne.

Si d’extérieur rien n’a changé, l’écran d’accueil affiche bien Ibasso DX90.

Bundle et accessoires

Le bundle est plutôt succinct comparativement à ce que propose FiiO, en vrac on a :

– le Ibasso DX90
– des protections d’écran
– un câble micro-usb
– un câble coaxial

Loin d’être vide ce bundle est moins complet que ce à quoi je suis habitué mais bon l’essentiel est la et c’est déjà pas mal.

Caractéristiques du Ibasso DX90

Le Ibasso DX90 est le premier baladeur de la marque conçu en double mono. Exit le DAC Wolfson et bonjour le double DAC Sabre, le ES9018K2M pour être précis. Une référence extrêmement pointue qu’on retrouve plutôt dans les workstation et certains pré-amplis en raison de sa signature très neutre.

Sur son DX90, Ibasso s’est orienté sur un système en double mono, chaque DAC gérant un des deux canaux pour améliorer la dynamique et surtout le crosstalk. Nous verrons plus bas si au delà des chiffres cela se répercute sur le son.

Pour l’amplification, le Ibasso DX90 utilise les Opamp OPA1611 épaulés des buffer TI BUF 634. Un ensemble plutôt cohérent mais qui s’oriente vraiment sur une signature neutre avec une séparation gauche-droite très marquée.

En plus de l’habituelle prise casque le Ibasso DX90 propose une sortie line-out pour brancher un ampli et une sortie coaxiale pour connecter un DAC externe. Comme sur les autres baladeurs audiophiles c’est donc une solution très modulaire si on ajoute en plus la possibilité de le brancher en USB pour l’utiliser en DAC de bureau.

Pour les amateurs de chiffres voici les données fournies par Ibasso:
Ecran

  • Ecran capacitif IPS de 2.31″
  • 8GB de mémoire interne
  • Support des cartes micro-SD
  • Impédance de sortie inférieure à 0.5 ohms

Sortie ligne

  • Réponse en fréquence: 17Hz~20KHz +/-0.1dB
  • S/N: -119dB +/-3dB
  • THD+N: 0.0015%
  • Niveau de sortie: 1.7V rms (1kHz 0dB)

Sortie Casque

  • Réponse en fréquence: 20Hz~20KHz +/-1dB
  • THD+N: 0.004% (32ohm load)
  • Output Level: 1.3V(Low gain), 2.0V(Mid gain), 2.8V(High Gain)
  • Impédance de sortie : <0.1 ohm
Le logo du Ibasso DX90 est encore gravé au laser.

A l’usage : simple et compact

On l’a vu précédemment, j’ai été conquis par l’ergonomie du Ibasso DX90 lors de ma première prise en main mais sur le long terme ?
Après plusieurs semaines d’utilisation, la bonne surprise se confirme et la compacité de l’appareil permet de le glisser dans toutes les poches sans se sentir encombré. Les touches larges sont très pratique pour changer de musique sans avoir à sortir le baladeur et la manipulation fonctionne même à travers la poche de jean. La sortie casque est situé à la base du baladeur mais vu le format du Ibasso DX90 ce n’est finalement pas dérangeant car on a facilement accès au contrôle du volume, de plus cela permet de gérer le gain facilement.

La navigation dans les menus est simple, que ce soit par tags ou directement dans les dossiers, tout est fluide et la navigation se fait avec un seul doigt. Parfois pour faire au mieux, il faut faire au plus simple.

Comme sur les X3 et X5, le firmware est régulièrement mis à jour. A la clé, une amélioration de l’autonomie, un équilibrage des performances sonores ou encore l’ajout de fonctionnalités comme la possibilité de l’utiliser en DAC ou la lecture de fichiers DSD.
Le seul problème vient du scrolling qui se révèle aléatoirement bon ou mauvais en fonction du firmware.

Passons maintenant au coeur du sujet, le son !

L’option DAC USB fait sont apparition sur le Ibasso DX90.

Passer du DAC Wolfson au DAC Sabre c’est un peu comme passer du vinyle au CD, on perd en chaleur mais on gagne en détail.

Et le son ?

Le DX90 est disponible pour 419€, soit 160€ de plus que le DX50. On espère donc des performances en nette progression et… Ibasso ne déçoit pas !

Premier constat, le DX90 va diviser, et pas seulement les avis. Incroyablement détaillé, le baladeur tranche dans le vif et se place directement dans la catégorie des baladeurs les moins tolérants du marché, il faudra clairement faire un tri dans votre musicothèque.

Comparé au DX50, le DX90 est plus précis dans son rendu, moins fun aussi avec une scène sonore moins large mais aussi plus intelligible. Passer du DAC Wolfson au DAC Sabre c’est un peu comme passer du vinyle au CD, on perd en chaleur mais on gagne en détail, encore plus en dual mono.

Attention, le DX90 a beau semblé austère à la première écoute, après quelques minutes cette impression tend à se dissiper, la justesse des timbres et la profusion de détails aidant beaucoup. Sur « Space Oddity » de David Bowie la claque est magistrale, ce vieil enregistrement en double mono (et oui) vous ferait presque croire que Bowie est la devant vous dans la salle d’enregistrement. Si sur le DX50 les canaux gauche droite se mélange dans une sorte de crossfeed artificiel, rien de tout cela ici, on est au centre, la musique autour de nous et rien ne dépasse.

Les médiums du Ibasso DX90 sont légèrement en retrait face au DX50 ce qui se traduit par une réponse en fréquence plus neutre. Les voix jouissent de toute la qualité des puces Sabre, le Jazz vocal est un délice, les caisses claires de batteries se détachent sans effort bref c’est un carton plein.
Le grave est tendu mais moins chaud que sur le DX50, comme si le son était plus tranchant. Sur un morceau de dubstep on entend mieux les effets sans tomber dans les travers du son trop analytique. Plus CD que vinyle le DX90 descend facilement sous les 50Hz et parviendra sans effort à faire vibrer un casque planar ou énergivore.

L’amplification, comme sur le DX90 est impeccable, brancher un ampli nomade reste superflu et les réglages du gain suffiront amplement à alimenter tous les casques du marché. A la première écoute il pourra paraître moins puissant que le DX90 la faute à une signature moins en V, mais après quelques minutes on enchaîne claques sur claques. Sur des intras haut de gamme comme les Unique Melody Mentor il n’est pas nécessaire de pousser au delà plus que « low », et le réglage « High » fonctionnera à merveille sur les casques énergivores comme le Audeze LCD-3.

La profusion de détail font qu’il n’est pas nécessaire de pousser le volume pour apprécier la qualité du rendu. Vous connaissez forcément cette phrase : » Tiens je n’avais jamais entendu ça sur ce morceau », le DX90 vous la fera répéter pistes après pistes.

 

Line out et Phone out sur le DX90. Réglages du gain sur la droite.
Line out et Phone out sur le DX90. Réglages du gain sur la droite.

Pour aller plus loin

L’égaliseur fourni sur le DX90 est assez complet avec 8 bandes disponibles en +12db/-12db de quoi équilibrer la grande majorité des casques. Un peu long à démarrer le mode personnalisé permet de créer sa signature idéal, il se désactive à la volée via le menu « égaliseur ».

Le gapless est inclus sur l’appareil mais il faut aussi l’activer dans les menus, pour ceux qui ne le savent pas, ce mode permet de passer les pistes les unes après les autres sans silence entre chaque piste, idéal pour un concert par exemple.
L’usage en mode DAC doit lui aussi passer par un menu, il faut choisir DAC à la place de stockage afin que l’appareil soit reconnu comme une carte son par l’ordinateur.

Avec un ampli externe, il est nécessaire de passer par la prise line out et (paradoxe) de pousser le volume au maximum. Si la sortie n’utilise pas l’amplification interne il semblerait que le stepper numérique reste actif, un peu bizarre mais intéressant pour être en sortie de DAC.
Il est conseillé d’utiliser un très bon ampli externe par contre car l’amplification interne suffit parfaitement en règle générale et à moins d’utiliser un ampli haut de gamme la différence qualitative sera légère et je ne justifiera pas l’investissement.

Concernant l’autonomie de l’appareil, elle est évidemment moindre que celle du Ibasso DX50, double mono oblige. En conservant la même batterie, le DX90 ne fonctionnera que 8h-12h en fonction de votre usage. 

La batterie est amovible pour ceux que ça intéresse, identique à celle du Samsung S3 elle se trouve pour quelques euros sur Internet.

Pour conclure

Coup sur coup, Ibasso nous a mis K.O. Le Ibasso DX90 est un appareil véritablement haut de gamme avec des performances qui rivalise aisément avec le haut du panier. Plus neutre que le DX50, il pallie cela par une scène sonore impeccable et une présentation incroyablement détaillée. L’autonomie moindre se justifie au regard des prestations.
Parfait pour les amateurs de jazz et classique, il pourra tout de même convenir aux autres sous réserve de sélectionner avec soin les enregistrements et les mixages.

Du haut de gamme à prix cassé, le Ibasso DX90 fera date parmis les baladeurs audiophiles.

A propos de Ibasso

Fondé il y a moins de 5 ans, Ibasso est un constructeur d’amplis et de DAC audiophiles nomades. Avec des produits abordables et performants ils ont réussi à se démarquer de la masse avec le D12 et le D-Zero. Le DX100 fut leur premier baladeur audiophile mais il fut vite remplacer par les DX50 et DX90.

Haja Écrit par :

Musique, matos, gadgets. On mixe le tout, et hop !

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