[Test] Astell&Kern AK120 II: le baladeur de luxe V2

Dure tache que celle du AK120 II, voguant dans les eaux du très haut de gamme sans en être le roi. Non, il faudra pour cela repousser un peu plus encore les limites de votre porte-monnaie  pour le saint graal qu’est l’AK240. A la place, le AK120 II se pare d’une architecture extrêmement proche, d’un design plus conventionnel, troquant le duralumin pour un aluminium plus standard. Ne nous y trompons pas, c’est avant tout avec le AK100 II que notre modèle trouvera son adversaire. Pari réussi ?

Design / Fabrication

Sans trop de surprise, la marque uniformise son design avec les AK100 II et AK120 II. Aspect proche du petit frère, même alliage d’aluminium, même forme générale et même écran, mais le 120 garde quelques subtiles différences.

Premièrement, celui-ci est plus étiré en hauteur, les puces supplémentaires le nécessitaient. Cette hauteur ne se joue absolument pas sur l’écran mais dans la partie supérieure, rehaussant de fait la molette. Je ne dirais pas que la forme est plus ou moins réussie, l’excédent volumique est négligeable en pratique.  Nous avons en tout et pour tout 7mm et 7gr de plus, ainsi qu’un petit 3250mAh de batterie en lieu et place des 3150mAh.

Pour la rétine, on remarque une teinte différente. L’AK100 II misait sur une teinte/anodisation légèrement sombre, le AK120 II choisit un gris mat très réussit.

Enfin, le dos passe également à la clarté, se parant de motifs particuliers.

La disposition des touches et connectique étant exactement la même que celle du AK100 II, nous reprendrons les mêmes paragraphes.

Côté boutons la marque se contente du minimum. Les On/off et play/avant/arrière de navigation, ainsi que la molette de réglage de volume, très bien finie mais laissant une excroissance sur sa tranche droite. Ce dernier point permet une très bonne saisie, mais ne sera pas forcément pratique dans des poches très serrées.

Port de type micro usb on ne peut plus classique, permettant le branchement en mtp (transfert de fichiers) ou DAC, la fonction indispensable pour ce type de lecteur.

Sur le dessus un branchement Jack 3,5mm et une sortie symétrique 2,5mm. Pas plus de sorties ? Non, car la sortie Jack 3,5mm fait également office de sortie Ligne (bypass de l’ampli casque pour un branchement sur amplificateur externe) ainsi que sortie optique pour un branchement sur DAC externe.

Enfin, présence du port micro SD pour une extension de mémoire quasi obligatoire. La touche iRiver est ici de placer la carte très en retrait. Comprenez qu’elle ne sortira clairement pas de son encoche toute seule, mais qu’il est très préférable d’avoir des ongles.

Molette de volume du AK120 II
La molette de volume numérique du AK120 II

Détails techniques du AK120 II

Il faut bien l’avouer, les différences entre lui et le AK100 II se comptent sur les doigts d’une seule main. Pour commencer, le premier et plus important des changements réside dans la structure dual dac montée en mono, délaissant l’approche classique simple dac stéréo.

Deuxièmement, la mémoire interne passant à un très convenable 128go, ce qui suffira à l’essentiel des utilisateurs, encore que.

Amélioration très faible, la batterie gagne 100mAh par rapport au AK100 II pour s’établir à  3250mAh. L’équivalent de ce qui se fait dans le meilleures phablettes, mais un minimum pour un baladeur audiophile et ses composants si énergivores.

  • Modèle : AK120Ⅱ
  • Couleur : Stone Silver
  • Finition : Aluminum
  • Ecran : 3.31pouces WVGA (480 x 800) AMOLED tactile
  • Formats audio supportés : WAV, FLAC, WMA, MP3, OGG, APE(Normal, High, Fast), AAC, ALAC, AIFF, DFF, DSF
    FLAC, WAV, ALAC, AIFF : 8kHz ~ 192kHz (8/16/24bits per Sample)
    / DSD : DSD64 (1bit 2.8MHz), Stereo / DSD128 (1bit 5.6MHz), Stereo
  • Tension de sortie : Unbalance 2.0Vrms / Balance 1.7Vrms (Sans charge active)
  • Dac intégré : Cirrus Logic CS4398 x2 (double DAC)
  • Support des fichiers : 24bit/192kHz décodage Bit to Bit
  • Entrées : USB Micro-B (Charge, DAC et transfert de fichiers)
    / Connection Mode : MTP (Media Device)
  • Sorties : Jack (3.5mm) / Optical Out (3.5mm) / jack symétrique (2.5mm 4 connecteurs)
  • Wifi : 802.11 b/g/n (2.4GHz)
  • Bluetooth : V4.0
  • Dimensions : 55 mm [W] x 118 mm [H] x 14.9 mm [D]
  • Poids : (177 g)
  • Mise à jour : via upgrade de Firmware (OTA)
  • Batterie : 3250mAh
  • Mémoire interne : 128 Go

2 gros points de différentiations pour la marque :

  • Présence de 128GO de mémoire interne, bien au-dessus de la norme des baladeurs audiophiles.
  • Bluetooth (4.0) et Wifi (b/G/N), choses quasi absentes dans le secteur. Les marques justifient généralement cela comme un point non-audiophile, mais c’est également un raccourci un peu facile, le moindre modèle Sony à 50 euros étant doté de cette fonctionnalité. Certes il ne faudra pas voir le sans-fil comme dédié à un usage qualitatif, mais plutôt comme un gros plus. Le rendu étant par ailleurs assez surprenant sur des systèmes du genre Bose ou B&W, voire Sonos.

 

Réglage du volume sur le AK120 II.
Réglage du volume sur le AK120 II.

Navigation / Interface (IDEM AK100 II)

Austérité il faut bien l’avouer. Basée sur une surcouche Android, l’interface du AK120 II n’en reste pas moins très triste, mais pas vilaine pour autant. Il y a un écran OLED, mais la marque ne le pousse clairement pas dans ses retranchements. Tout est simple, carré, dans les tons ternes, gris mêlé à d’autres nuances de gris.

L’interface de démarrage nous laisse avec un choix simple. La dernière piste jouée (ou en cours), Le MQS Streaming (nous y reviendrons), les réglages, et un bon 40% occupé par la navigation musicale par thème : Genres, Albums, Artistes, Chansons, Playlist, et bien sur Navigation par dossiers, ce dernier étant le seul que j’utilise vraiment, et reste généralement le plus utilisé.

Côté réglages : Une simple page, très simple, toujours austère mais très claire. Celle-ci permet ni plus ni point d’accéder à tous les paramètres d’interface, de son et sorties son, ainsi que d’ergonomie.

La navigation musicale est à la l’image du reste : simple et sans fioriture. On a déjà vu plus fluide, mais il n’y a jamais de freeze (blocage de l’image quelques secondes) ou de bugs majeurs, et la majorité des baladeurs audiophiles fait (malheureusement ou heureusement) pire voire bien pire. Difficile de classer ça comme un bon point pourtant, cela devrait être un minimum.

Même constat pour le tactile. Ce n’est pas fabuleux en termes de qualité, mais le AK100 II reste au-dessus en termes de réactivité et de précision.  Il répond bien, sans avoir à insister 2 ou 3 fois.

Pour ne pas changer, le lancement des pistes, le passage de pistes, mise en pause etc… est également très réactif, sans les petits lags rencontrés trop souvent dans ce type de lecteurs.

Partie sonore

Jusqu’ici, le AK120 II est pratiquement la copie conforme du petit frère, et il n’y a guère que sur le son qu’il pourra justifier son surcout exorbitant.

Surcout justifié ? Sans doute pas, car il est inutile de puiser dans le lexique idiophile pour décrire la différence de niveau. Pas de « voile qui se lève » ni de « supplément d’âme», pas plus que de « avec ce baladeur ce n’est plus du son, c’est de la musique ». Non, car les 2 baladeurs sont globalement de la même classe, avec malgré tout une amélioration intéressante voire indispensable côté AK120 II.

Je disais dans le test du AK100 II que ce modèle s’exprimait particulièrement bien avec les intras, où sa partie amplificatrice plus adaptée savait faire la différence. Ici le constat est le même avec encore un supplément de qualité, particulièrement dans le niveau de détails. La signature sonore reste la même, très neutre et pardonnant pas les mauvais enregistrements, mais divine sur des enregistrements de qualités. Le passage aux Unique Melody Mentor laisse la même impression proprement sidérante d’un combo qui pourrait défier le temps. Et si le gain général n’est pas immense avec le AK120 II, il trouve son utilité dans la spatialisation. En effet, celle-ci est, dual-mono oblige, un bon cran au-dessus. La scène est à la fois plus large, plus détaillée et plus profonde. On ne redécouvre pas ses morceaux, mais cette différence est bien perceptible.

On pourra de ce fait vous conseiller davantage le AK120 II si vous écoutez principalement au casque, un bon modèle nomade étant de ce point de vue toujours supérieur aux intras et lui rendra davantage hommage.

Reste que, oui, 800 euros est une addition franchement salée pour ce gain de performance. Le AK100 n’était déjà pas bien raisonnable, le AK120 II fait clairement bande à part dans les baladeurs, seul le AK240 réussit l’exploit d’être encore plus arrogant.

Sortie casque/Line-out/Optical-out et sortie symétrique sur le AK120 II
Sortie casque/Line-out/Optical-out et sortie symétrique sur le AK120 II

Utilisation en carte son du AK120 II (IDEM AK100 II)

L’utilisation en carte son se fait exactement sur le même modèle que le AK100 II, le firmware et la partie hardware étant identiques.

Sans surprise, la qualité sonore est égale à ce que procure la partie baladeur. Rien de surprenant, seuls les premiers essais de chez Hifiman négligeaient le convertisseur USB.

La mise en place en carte son demande un petit réglage simple, passer en mode DAC et non MTP (transfert de fichiers). Un petit bug sur ma première tentative de branchement, qui ne s’est pas manifesté depuis.

Autonomie

Le très léger gain de 100mAh par rapport au petit frère n’est en pratique pas visible, mais l’apport d’un deuxième dac ne plombe pas non plus l’autonomie tapant dans les 14-16hr, voire un peu moins (12hr) en le poussant dans ses retranchements. Toujours une très bonne moyenne que l’on tempère néanmoins par la structure non remplaçable de la batterie, vraiment dommageable pour les voyageurs par exemple.

Stockage

Le passage de 64Go à 128Go de mémoire interne parait presque anecdotique, mais il est très intéressant en pratique. L’essentiel des utilisateurs choisit globalement entre 64Go et 128Go de musique (plus pour les boulimiques), ce gain de place permet ainsi à la plupart, généralement, de se satisfaire de la mémoire interne. Si cela n’est pas le cas, le baladeur possède toujours un slot micro sd pouvant accueillir 128Go supplémentaires.

Visuellement le dos est différent sur le AK120 II
Visuellement le dos est différent sur le AK120 II

MQS Streaming (IDEM AK100 II)

Pas le point le plus mis en avant, mais la gestion du streaming est plus qu’un simple argument et participe à une sorte d’écosystème. Ce MQS, s’il ne justifie pas à lui seul l’écart de prix avec les modèles type Ibasso DX90, l’explique en partie tant son potentiel est intéressant.

Le principe est assez simple, installer un logiciel côté PC (ou mac) sous la forme d’un serveur musical. On ajoute les dossiers contenant la musique dans ce logiciel, puis on connecte le baladeur au PC via l’onglet MQS. Il ne reste alors qu’à naviguer dans les dossiers musicaux depuis le baladeur. Ainsi, il n’y a pas de compression ou de perte de qualité comme sur un système airplay ou bluetooth, le baladeur lit les fichiers depuis un stockage distant, rien de plus.

De fait, la qualité audio reste excellente, mais il faudra se contenter d’une navigation bien plus lente et dépendante de la qualité du wifi, ainsi que d’une utilisation des ressources importantes. Une autonomie en baisse donc.

Ce système n’a clairement pas été encensé dans ses premières versions, la faute à une instabilité assez évidente. Plusieurs mise à jour plus tard il n’y heureusement plus que quelques rares bugs, impliquant généralement une lenteur excessive.

Conclusion

On parlait déjà de passion, de sérieux, d’objet de luxe et abouti, le AK120 II est un modèle encore plus arrogant, faisant payer très cher le léger mais parfois salutaire petit gain en qualité, s’exprimant ici particulièrement dans la spatialisation et les détails. Un modèle d’exception, à tous les niveaux.

A propos d’Astell&Kern

Astell&Kern est la branche luxe d’une marque pilier dans le monde de l’audio nomade : iriver. Avec le MQS comme crédo (Master Quality Sound) cette marque a été la première à proposer des baladeurs audiophiles alliant le luxe et l’audio. Si la précédente gamme ne nous avait pas convaincu, les séries A100II et AK120II nous semblent déjà plus intéressantes.

www.audiogarden.fr

Haja Écrit par :

Musique, matos, gadgets. On mixe le tout, et hop !

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