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[Humeur] Le CD se meurt, littéralement !

Vous êtes en 2017 et vous utilisez encore le CD comme support principal ? Bonne nouvelle, vous êtes un esthète ! La mauvaise ? Dans quelques années votre collection va disparaître… « Quoi ? Comment ? » Pas de panique, on fait le point ensemble !

Ring Zero

Le Disque Compact, ou CD dans son nom le plus répandu, est un disque optique utilisé pour stocker les données sous forme numérique. Lancé en 1982 par Sony et Philips il est devenu rapidement le support de prédilection dans le monde de la musique.
Plus économique que la cassette audio, plus simple à produire que le vinyle, il s’est imposé facilement chez les majors et s’est installé rapidement dans la bibliothèque des mélomanes.

Contrairement aux cassettes et aux vinyles, le CD Audio est un format 100% numérique. La surface d’une galette de plastique est marquée de microscopique creux de différentes tailles, chaque irrégularité ayant une valeur binaire égale à 0 ou 1. Les fameux bits du monde numérique.

La cassette audio, celle qui accompagne chaque Walkman

L’intérêt est multiple :

– sur une surface plus compacte il est possible de stocker beaucoup plus de données. Un CD peut contenir un peu plus d’une heure de musique la ou un 33 tours ou une cassette nécessitait deux faces.
– grâce au numérique, plus besoin de rembobiner ou de caler précisément la tête de lecture, on peut accéder à n’importe quelle portion du disque à tout moment, sans effort
– les problèmes de surfaces, comme la poussière, n’affecte quasiment pas les laser de lecture et les problèmes de résonance du moteur n’existent plus
un CD est encodé en 16bits / 44khz, il couvre donc une plage de fréquence égale à celle de l’oreille humaine (voir notre article sur la quantification)

D’après Linn le CD est condamné à mourir !

Est-ce que le CD sonne mieux qu’un vinyle ou une cassette ? Pour beaucoup il y a encore débat, mais à titre personnel je reste un fan du son CD, plus précis et offrant une dynamique supérieure sur mon système. C’est évidemment un débat sans fin et les forums sont souvent déchirés, moins que pour les câbles audiophiles, mais quand même.

Assez logiquement ce fut une réussite écrasante, avec l’adoption massive du format et la standardisation du support dans tous les domaines.
Les studios d’enregistrement se sont adaptés, passant du process Analogic to Analogic vers Analogic to Numeric et enfin Numeric to Numeric.
Chez les particuliers, le lecteur CD a remplacé le lecteur vinyle et il s’est même permis de remplacer le Walkman cassette en nomade (qui se souvient du jog proof ? ).

Truand de la galette

Enfin, on ne peut pas parler CD sans parler copie. La copie privée (ou illégale, nous ne jugeons pas) a été un facteur important d’implantation dans notre paysage numérique. Bien sûr il était déjà possible de copier des cassettes audio et de se procurer une copie sauvage dans les cours d’école ou à la sortie des concerts, mais ce n’est rien à côté de la copie de CD.

Et pour cause, si la copie d’une cassette exigeait de lire les deux bandes à vitesse constante, sans compter les problèmes de rembobinage et tous les aspect pratiques qui vont avec, la copie de CD ne nécessitait qu’un simple ordinateur et un lecteur graveur idoine.
En quelques années, la vitesse de lecture/gravure a été multiplié par plus de 40x ! Il ne fallait que quelques minutes pour copier un CD et l’achat d’une boite de CD vierge ramenait souvent la copie à moins d’un euro.

Les piles de 50 CD le meilleur ami de votre graveur CD !

Effets : la démocratisation du média et tous les effets vertueux/malicieux qui l’accompagnent.

Partage des albums sous le manteau et création de mixtape plus clean que leur équivalent cassette.  Descente de police dans la rue montgallet pour non respect de la taxe copie privée (et oui les majeurs ont compris que dans le doute, il valait mieux taper chez les revendeurs plutôt que sur le support vierge directement).

La vente de single et de compilation a fait un bond en avant, chaque maison de disque en profitant pour proposer le remastering d’albums déjà cultes ou tout simplement un best-of de singles déjà disponibles, mais sous forme d’album CD.

Vous noterez que j’ai volontairement omis de parler du vinyle, même aujourd’hui copier un vinyle tiens de la gageure. Et il ne faut pas se leurrer : si l’on observe un retour en grâce du aux ventes de CD c’est une goutte d’eau dans la mer comparé aux ventes de CD.

Alien VS Predator

MP3 : trois lettres qui ont signé le deuxième changement majeur dans notre manière de consommer la musique. Abréviation de Mpeg Audio Layer 3, cet acronyme est devenu à force un mot du langage courant, désignant aussi bien une piste que le médium qui lui est consacré. Lancé il y a 20 ans maintenant (1997), il permis une diffusion encore plus large de la musique à travers le monde.

Merci Thomson-Fraunhofer-Gesellschaft

Pour rappel, un CD audio est encodé au format WAVE (.wav), un format dit sans perte (lossless) qui conserve l’intégralité du message initial, dans les limites techniques du support. En l’occurrence, un CD audio pèse en moyenne 700mo, dure 60 minutes et est encodé sur 16 bits avec un échantillonnage de 44khz (deux fois la fréquence la plus élevée audible par l’oreille humaine).

Le MP3 lui est encodé au format… MP3 (.mp3), un format avec perte (lossy). Il ne garde qu’une partie des informations du signal original, selon le débit choisi (de 64kbps à 320kbps) les pertes sont assez sensibles à l’écoute. En échange, le fichier final est beaucoup moins lourd, un album pèsera entre 7 à 12 fois moins lourd ! Par contre, la perte est définitive, une fois une piste transcodé en MP3, il est impossible de retrouver les informations perdues.

Découvrez les sons que vous perdez au passage de la compression mp3

Deux choses, la première et la plus importante : à la sortie du MP3 en 1997 et jusqu’au début des années 2000, le stockage coûte cher. Si la technologie avance vite, nous sommes encore à parle de Méga-Octets (Mo) et parfois de Giga-Octets(Go) sur nos ordinateurs, mais pas sur les appareils d’écoute nomade.

Imaginez vous, à cette époque, le smartphone n’existe pas ! Les disques dur en To sont réservés aux (très) grandes entreprise et Apple ne lancera l’iconique iPod qu’en 2001 !
Le marché du baladeur numérique en est à ses balbutiements et l’espace de stockage disponible en moyenne est de… 128 Mo !

Forcément, il a fallu s’adapter et compresser au maximum, la quantité prenant le pas sur la qualité. Il n’était alors pas rare de voir des albums en 64kbps ou 92kbps, parfois en 128kbps si l’on n’avait que peu d’albums. Pire encore, la qualité de restitution des appareils du genre était en net retrait par rapport aux lecteurs CD, qu’ils soient nomade et sédentaire.

Apparu en 2003, le FLAC était cantonné à un usage encore plus restreint, avec une part de marché simplement anecdotique. Et pour cause : à peine plus léger que le WAV à ses débuts (gain de 30% en moyenne) il était de plus mal décodé sur la plupart des appareils, voir pas du tout !
Le CD restait donc le support de choix pour l’audiophile, il offrait la qualité et la simplicité.

Mais, c’était sans compter la vitesse à laquelle l’informatique s’est développée et avec cela l’augmentation de la capacité de stockage disponible pour le même prix.
En 60 ans, le prix du Giga Octet a été divisé par 520 millions ! Si en 1995 1Go coutait encore 800€ en moyenne, aujourd’hui le même Go coute..0.03€.

Rappelez vous : les petits baladeurs de 128mb !

Around the world, around the world

Le deuxième événement qui a permis au fichiers dématérialisés de supplanter le CD, c’est justement cet aspect : la dématérialisation.

En 20 ans, internet a bien évolué. D’un point de vue technique, les débits ont explosés et les prix n’ont cessés de baisser (surtout en France), entraînant un changement drastique des modes de consommation. Tout le monde peut accéder à la même information, partout, tant qu’il a accès à une connexion internet.
Partager une piste ou un album se fait en quelques clics, sans bouger de sa chaise. La dérive est vite apparue avec l’explosion des services de P2P (Peer to Peer) qui a fait couler beaucoup d’encre et grincer des dents les Major, qui n’avaient pas vu arriver Napster, Kazaa ou Emule.

Kazaa, un logiciel de P2P qui a fait fureur à l’époque.

Et oui, si le net n’a pas fait que du bien aux major avec le piratage massif (ils se sont surtout rattrapé sur les artistes…) il a aussi permis à d’autres de se faire connaître mondialement à peu de frais et rapidement. L’exemple le plus connu reste Artic Monkeys et leur Myspace qui sont passés de simple groupe de rock indé à superstar du genre, sans passer par un major.

Pour arrêter la digression, disons simplement que l’internet rapide et illimité a permis à la musique de se propager encore plus vite qu’avec le CD. Que ce soit par les canaux légaux, ou moins légaux.

Et voila comment aujourd’hui on se retrouve avec l’équation magique : stockage maximum + prix minimum + internet rapide et pas cher = musique 100% dématérialisé.
Le streaming ayant achevé cette transition numérique en faisant exploser le choix disponible à l’instant T.

The Lord of The Ring

Seulement voila, même aujourd’hui le CD reste la valeur étalon si on parle de qualité audio. Que ce soit sur Spotify, Deezer, Qobuz ou même iTunes on parle toujours de « qualité CD ». En effet, si le MP3 ou le AAC se sont taillé la part du lion, ils restent des formats destructifs qui même en 320kbps (le débit maximum) effacent une partie de l’information de manière définitive.

Si ce n’était pas gênant il y a quelques années, maintenant que même les smartphones se parent de DAC haut de gamme en natif, la différence à l’écoute est beaucoup plus sensible. Et c’est encore pire avec un baladeur audiophile ou un système audiophile avec un bon DAC et un ampli associé.
A l’autre extrême, on dispose aussi de pistes en qualité « studio » avec un taux d’échantillonnage bien plus élevé, jusqu’à 24bits / 192khz, et seul le matériel pourra vous limiter.

D’ailleurs, si vous achetez vos musiques sur internet, ne chipotez pas pour quelques euros. Si une version Hi-Res existe, prenez la ! Le jour où vous aurez fait évoluer l’intégralité de votre système vous serez bien content d’avoir le choix de la qualité pour vos morceaux.

Qobuz est l’un des plus gros fournisseur de musique en Hi-Res

Mais supposons un instant que vous ayez encore de bon vieux CD que faire avec ? Vous pouvez continuer à les écouter bien sûr, avec le temps vous vous êtes sans doute fait une installation sur mesure avec un lecteur CD de qualité intégrant un excellent DAC, le tout relié à un bon ampli.
Mais voila, vous avez un smartphone, un baladeur et vous en avez assez d’écouter toujours les même CD en voiture. Décision est prise, vous passez vous aussi au dématérialisé.

Retour vers le futur

Plusieurs options sont possibles :

– 1. vous passez directement par la case streaming. C’est simple, efficace et vous élargissez vos horizons sonores avec une musicothèque potentiellement infinie.
– 2. vous rachetez/téléchargez tous vos albums au format numérique. C’est simple et rapide, mais ça peut vite vous coûter cher.
– 3. vous numérisez vos CD. C’est un peu long et souvent fastidieux, mais par au moins vos CD ne sont pas perdus (en plus rien ne vaut le travail manuel).

Un cas aggravé de Disc Rot !

La solution 1 a pour avantage d’être la plus facile à mettre en oeuvre. Les inconvénients ? Elle vous oblige à vous abonner et à toujours être en présence d’un réseau internet pour fonctionner. Autre problème, les offres en qualité CD ne sont pas légions, même si cela tant à se démocratiser doucement. Et attention, le jour où votre abonnement se termine, vous n’aurez plus de musique, du tout.

La solution 2 permet d’éviter de se retrouver sans musique du jour au lendemain, mais elle coûte cher. Certes, avec iTunes, Qobuz ou encore Napster vous pouvez en quelques clics récupérer votre musicothèque CD sans avoir à les sortir de leurs pochettes. Mais, cela coûte cher. A supposer que vous ayez 400 CD seulement, il vous faudra débourser 4000€ en comptant 10€ du CD. Une somme qui s’ajoute à ce que vous aviez déjà payé lorsque vous vous êtes procuré ces CD, soit 25€ du CD en moyenne, ou 10 000€ en tout…

La solution 3 enfin a le mérite d’être relativement peu coûteuse, juste longue. Pour numériser une vingtaine de CD avec un ordinateur, comptez environ une bonne heure et demi. Il faudra les sortir de la boite, vérifier leur intégrité physique, les rentrer dans l’ordinateur, lancer le logiciel de numérisation, attendre la numérisation avec un bon café/thé/chocolat, ressortir le CD, ranger le CD et finalement vérifier que les Tags ont bien été inscrits.
Sur une vingtaine de CD, pas de soucis, une heure et demi suffit. Sur 400 CD cela fait 600h, ou 25 jours d’affilées si vous préférez.

Pleins de CD à ripper !

Mais que faire alors ?

Notre solution : mixer la solution 1, 2 et 3.

Si aujourd’hui vous devez acheter un nouvel album, achetez le en version numérique, dans la meilleure qualité disponible. De cette façon, si un jour votre système évolue vous ne serez jamais limité par vos fichiers et vous pourrez très aisément les transférer d’un appareil à un autre. En plus vous aurez la possibilité de télécharger vos fichiers sur n’importe quel plateforme, même dans le futur.

Le streaming sera bientôt incontournable, s’il ne l’est pas déjà, mais si vous avez déjà des albums CD rien ne vous force à y passer tout de suite. Commencez déjà par numériser vos CD, afin que ceux-ci ne soient pas perdus. Et oui, le CD comme d’autres supports s’abîme avec le temps, même sans votre intervention. Le plastique et la colle se dégradent doucement, progressivement, mais surement, si bien qu’un jour vous ne pourrez plus écouter vos albums…

Le leader du streaming musical ? C’est Spotify !

Une fois numérisés il est alors possible de les transférer vers des supports plus pérennes, comme un disque dur ou mieux encore, un service de cloud qui garantit une redondance des données sur toute la vie du data center.

Mais bon, comme on sait que vous n’êtes pas tous prêt à prendre votre mois de vacances pour numériser vos CD, on vous propose un service de numérisation automatisé,(beaucoup) plus rapide que la main humaine, infatigable et surtout plus simple, Rip2Flac convertit automatiquement vos CD au format numérique, sans perte.

Si vous avez moins de 50 CD, ce service ne sera peut-être pas nécessaire, mais au delà de 50 CD, il pourra vous rendre un fier service en sauvant vos CD du Discrot. De plus, comparé au rachat de vos albums en version numérique les avantages sont multiples :

une économie substantielle. Un album numérique coute 10€ en moyenne, numériser ce même CD ? Minimum 0.50€ soit 20x moins cher. Pour 400 CD, cela reviendrait donc à 200€ au lieu de 4000€

la possibilité de sauvegarder des CD introuvables sur le marché. Bootleg, CD prestige ou tirages limités. Tous les albums ne sont pas encore disponibles sur la même plateformes de streaming, la faute aux contrats d’éditions ou au choix des artistes. Avec la numérisation, vous êtes sur de conserver ces albums et d’y avoir accés quelque soit la plateforme et le lieu.

la liberté et la simplicité. Une fois numérisé, vous pouvez aisément transféré l’album ou le titre dans l’appareil qui vous plait, ou même les appareils.
Que ce soit un baladeur, un smartphone, un serveur ou même une clé usb, il peut vous suivre partout.

Pas de connexion internet ? Pas de problème.
Envie de partager ce morceau avec un ami qui n’a pas de compte Spotify ou Deezer ? Pas de soucis.

Avec l’espace de stockage disponible actuellement, vous pourrez emmener avec vous une année complète de musique en lecture continue, sans jamais écouter la même piste !

Vous pouvez caler pas loin de 1800 albums dans un baladeur comme le FiiO X7 !

Bilan

Le CD est voué à disparaître, mais ce n’est pas une fatalité. Vous pouvez dès maintenant entamer la transition vers le dématérialisé et continuer à profiter de votre musicothèque sur les appareils modernes. De nombreuses solutions existent : numérisation de CD et copie sur un baladeur, changement du lecteur CD pour un DAC relié à un ordinateur, etc…

A terme le streaming audio sera sans doute le mode de consommation principal, surtout si eux aussi entament la transition vers la musique Hi-Res (comme Qobuz) tout en conservant un abonnement à 10€/mois… La frontière entre smartphone et baladeur audiophile devenant de plus en plus ténue avec une uniformisation des interfaces, tout comme des composants.
Le CD reste une valeur étalon en terme de qualité, mais doucement, surement, il sera remplacé par des fichiers Hi-Res. Les contraintes de stockage étant désormais caduques, tout comme les problèmes de couverture réseau.

Si vous avez moins de 50 CD, orientez vous doucement vers le streaming ou l’achat d’albums en Hi-Res sur les plateformes adaptées. Si vous avez plus de 50 CD et que vous continuez d’en acheter, jetez un oeil à notre service de Rip CD, vous éviterez peut-être de vous retrouver avec 500 galettes illisibles un de ces jours.

Et quoiqu’il arrive, conservez vos CD loin de la lumière et de l’humidité, cela reste le meilleur moyen de les transmettre un jour !

www.audiogarden.fr

Sources

http://www.lesinrocks.com/2017/02/10/musique/collection-cd-pourrir-lentement-mais-surement-11911608/
http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/des-signes-qui-ne-trompent-pas-13-01-2017-6560385.php
https://francearchives.fr/file/86da9a0a79150c3a3daced97e435b50164d2db45/static_1056.pdf
https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0212105984616-le-mp3-est-il-vraiment-mort-2088308.php
https://www.linn.co.uk/blog/the-disc-is-dead-why-cd-shouldnt-live-forever
https://www.theguardian.com/music/2015/oct/22/arctic-monkeys-debut-single-i-bet-you-look-good-dancefloor

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